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C’est la rentrée !

mis à jour le 10 septembre 2013 Version imprimable de cet article Enregistrer au format PDF

En cette rentrée 2013/2014, nous donnons la parole à Elisabeth BATON-HERVE, spécialiste de la relation enfants-médias.


Le rythme scolaire se remet en place avec non seulement ses horaires de classe mais également ses activités : sport, musique, théâtre, danse, etc. Bien souvent les moments d’ennuis sont réservés à la télévision, quand l’ordinateur et les autres écrans n’empiètent pas purement et simplement sur toutes autres formes d’activités.

Nous nous intéressons au vécu scolaire des enfants, nous choisissons avec soin et en concertation avec eux les activités qu’ils pratiquent tout au long de l’année, veillons également à être attentifs aux habitudes qui se mettent en place par rapport aux écrans dès ce début d’année scolaire.

Car attention ces temps consacrés aux écrans ne sont pas aussi anodins qu’on veut bien le croire !

La pratique et la connaissance des médias et des écrans notamment, entrent à part entière dans le champ de l’éducation parentale. Cet univers certes fascinant mais aussi très hétéroclite et d’inégale qualité nécessite un accompagnement réfléchi qui requiert une certaine disponibilité d’esprit.

Il est possible de se faciliter les choses en instaurant un cadre à la pratique des médias par les enfants.

En terme d’achat 

Certaines périodes de l’année sont propices à la mise sur le marché de matériels très sophistiqués qui cherchent à s’imposer au plus grand nombre de consommateurs à grand renfort de marketing. Téléphones portables, smartphones et autres tablettes numériques sont au nombre de ces outils qui fascinent petits et grands et se présentent comme incontournables. Interrogeons sérieusement toutes les bonnes raisons qui sont susceptibles de nous faire passer à l’acte d’achat. Pourquoi l’achat de cet écran de télévision, de cet ordinateur, de ce téléphone portable, etc. ? Pour quels usages ? A qui est-il destiné ? Sous quelles conditions d’utilisation ? Quel espace physique lui sera imparti dans la maison ou l’appartement ? Les réponses que chacun apportera à ces questions détermineront non seulement le type de rapport qui sera entretenu avec ces outils mais également et surtout, les relations intrafamiliales qui en résulteront.

En terme de choix de contenus

Diverses questions méritent d’être posées :
Quelle(s) émission(s) mon enfant peut-il regarder ? Quel site Internet peut-il fréquenter ? A quel(s) jeu(x) vidéo peut-il jouer ? Quel(s) bénéfice(s) l’enfant sera-t-il en mesure d’en retirer ? Notons que les émissions ou les sites dits « pour enfants » ne sont pas toujours adaptés ou ne visent pas nécessairement l’éveil et l’épanouissement de l’enfant. D’autres intérêts (économiques notamment) peuvent prévaloir.

En terme de périodes d’utilisation

Il n’est peut-être pas inutile de rappeler que les veilles d’école sont à préserver. Les enfants qui traînent devant les écrans après le dîner ont généralement une moins bonne qualité de sommeil et courent le risque d’être fatigués en classe, il en va de même pour la télévision trop matinale, ces situations peuvent être à l’origine de troubles de l’attention. Quant aux repas qui sont des moments privilégiés de rencontres et d’échanges entre parents et enfants ne nécessitent-ils pas de presser la touche « off » de nos appareils de communication ?

En terme de temps d’utilisation

Bien des parents en font fréquemment le constat : les enfants qui passent trop de temps consécutif devant un écran ont tendance à devenir plus irritables. La station quasi statique réclamée par l’écran ne permet pas à l’enfant de déployer toutes ses ressources corporelles. Qui n’en n’a pas fait l’observation après avoir éteint la télévision ou l’ordinateur suite à une trop longue session d’utilisation, l’enfant a besoin de se lâcher, mais alors cela se produit de manière anarchique et plus difficilement contrôlable par lui-même et par son entourage.

En terme de critères d’âges

Il est fort délicat d’avancer des catégories d’âges précises pour chaque type d’appareils et pour le temps que les enfants peuvent y consacrer. D’autres critères entrent en ligne de compte : la présence ou non d’un adulte, l’existence ou non d’une fratrie, le degré de maturité, de sensibilité de l’enfant, etc. Quoi qu’il en soit il est évident que les enfants ne peuvent être exposés à n’importe quoi, n’importe quand. Il y a de fait à tenir compte de l’âge, c’est-à-dire de l’étape de développement de l’enfant concerné. Différents systèmes ont été imaginés afin d’aider les adultes dans cette tâche. La télévision, les jeux vidéo, le cinéma possèdent leur système de classification. Il est tout à fait indiqué de s’y référer.

  • Le système PEGI (Pan European Game Information) est un système de classification qui a été mis en place et qui est géré par les éditeurs de jeux. Il est également de l’ordre de la recommandation : http://www.pegi.info/fr/.
  • Pour le cinéma, les films se voient attribuer une classification par âge par une commission composée de membres appartements à différents ministères, aux organisations professionnelles, elle comporte également des experts de l’enfance et de la famille et des jeunes. Cette commission visionne chaque film dans son intégralité et propose son choix de classification à la Ministre de la culture. En l’occurrence il ne s’agit plus alors d’une recommandation mais d’une interdiction : http://www.cnc.fr/web/fr/activite-de-la-commission-de-classification.

Malheureusement, les impératifs économiques peuvent conduire les acteurs des industries culturelles et les professionnels des médias à faire fi de toutes considérations éducatives ainsi que des mesures de protection des mineurs. C’est à chaque parent de se positionner et de savoir ce qu’il convient de faire pour le meilleur épanouissement de son enfant. On a vu par exemple des chaînes de télévision pour bébés se développer ces dernières années. Elles prétendent s’adresser aux petits à partir de six mois et ce, 24 h sur 24. Non seulement les bébés ont bien autre chose à faire que de regarder la télé mais l’exposition à l’écran risque de leur être préjudiciable* ;

Enfin n’oublions pas le modèle que nous livrons à nos enfants dans notre rapport d’adultes aux écrans et aux technologies de la communication !

Dans ce domaine comme dans d’autres il n’existe aucune recette. Toutefois la mise en place d’un cadre, l’accompagnement parental et la proposition d’alternatives aux écrans favoriseront chez l’enfant un usage à bon escient des médias et technologies numériques, le préserveront de toute conduite addictive et faciliteront son éveil et son ouverture au monde dans toute sa diversité.

BONNE RENTREE A TOUS !

Elisabeth Baton-Hervé

www.elisabethbatonherve.com

* http://www.collectifciem.org/spip.php?article108 http://www.unaf.fr/spip.php?article6054