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  • En 1981 le groupe Kraftwerk chantait dans ’Computerwelt’ : « Interpol, la Deutsche Bank, le FBI und Scotland Yard, Flensburg [ville du Schleswig-Holstein qui abrite le service qui centralise les infractions au code de la route et donc détient la comptabilité des points de permis de conduirede chaque citoyen) und le BKA (Bundeskriminalamt, soit l’office fédéral de police criminelle ) ont nos données. »
    A l’époque cela semblait incroyable, plus tard on trouva cela menaçant, aujourd’hui cela semblerait presque ridicule ! Car la réalité est encore plus banale.
    Nos téléphones portables en disent tellement sur nos habitudes ! Ces petits ordinateurs qui traînent dans nos poches font souvent figure d’’espions’. C’est ce dont a pu attesté le jeune député des verts allemand Malte Spitz.
    Celui-ci, ardent défenseur de la vie privée, a du porté plainte contre l’opérateur téléphonique Deutsche Telekom, pour avoir accès à ce à quoi il avait droit : ses données enregistrées entre août 2009 et février 2010 ; il a ainsi pu constater qu’il avait été localisé 35 831 fois pendant cette période. Il a confié ensuite ces données à des journalistes du Zeit, qui ont pu réaliser une carte très détaillée de ses déplacements sur six mois. Le résultat est impressionnant. Un véritable profilage, indiquant dans quelle ville il se trouvait, comment il s’y est rendu (train, avion ou autre), où il a dormi, quand il a téléphoné, envoyé des SMS, et même où il s’est arrêté boire une bière.

    Le journal allemand ’Zeit’ a mis en image ces données [1] et a complété cette géolocalisation par les informations que le politicien donnait sur Twitter, son blog et des sites d’information, ce qui permet de le localiser presque en permanence.
    Avec ce geste le jeune député vert allemand Malte Spitz veut faire la démonstration de notre traque quotidienne via les téléphones portables, a-t-il expliqué au New York Times :
    « Je veux montrer que cette collecte de données est grande, vraiment grande et que vous pouvez vraiment vous pencher sur la vie des personnes pendant six mois et voir ce qu’ils font, où ils vont. »
    Contrairement à la collecte de données personnelles sur Internet, pas besoin de cookies envoyés aux ordinateurs des utilisateurs pour les pister : les opérateurs téléphoniques n’ont qu’à appuyer sur un bouton pour enregistrer l’information.
     
    MR
     


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